Samir Machado de Machado – Tupinilândia

Disney voulait bâtir une ville en voie perpétuelle de modernisation et d’adaptation, le rêve d’un avenir utopique en évolution constante. Une fois Disney mort, ce que nous avons ici n’est qu’un parc de plus. Il impressionne, certes, mais pas tant que ça si on sait à quel point le projet originel promettait d’être grandiose.

En route pour Tupinilândia, au cœur de l’Amazonie, parc d’attraction, ville futuristico-utopique  dévouée à al glorification de l’identité nationale brésilienne, conçue en hommage au fascinant Walt Disney et son projet EPCOT (Experimental Prototype Community Of Tomorrow) par un richissime industriel local, Joao Amadeus Flynguer, puis tombée dans l’oubli à peine inaugurée, abandonnée, désertée. À moins que ?

Samir Machado de Machado croise les utopies, les possibles d’un Brésil en mutation perpétuelle, pour recréer, inventer, développer Tupinilândia, dans un récit magistral qui tient du roman d’aventure pour ado, de la page ouverte sur le Brésil politico idéologique de la seconde moitié du XXème, de la saga familiale, du reportage, le tout sous couvert de fiction bien sûr. Samir Machado de Machado écrit un récit foisonnant, passionnant, interroge la mémoire du Brésil et ses trous noirs, les silences de l’histoire, le poids du passé, les dangers du nationalisme, de l’autoritarisme, de la dictature, mais sans jamais oublier le rebondissement, la mise en suspension. Tupinilândia, c’est comme du Jules Verne dopé au reportage, Disney omniprésent rattrapé par le temps, Conan Doyle et Verne mâtinés de Jurassic Park et emportés par Indiana Jones dans un tourbillon 80’s. Avec cet élan, ce souffle, on peut tout pardonner à Tupinilândia, même ses longueurs, ses maladresses, ses à côtés. Oui, le récit est outré, souvent, débordant, débordé mais avec l’énergie qui le porte, et l’enthousiasme, et la fraîcheur, on embarque pour ailleurs, sans plus réfléchir. Quand on en émerge, c’est la tête pleine d’histoires, de questionnements, d’envies, de découvertes. Et totalement dépaysé. Et après tout, que demander d’autre, de plus, de différent, à un roman qui affiche grande roue, dinosaure et Mickey détournée en couverture ????

Samir Machado de Machado – Tupinilândia – traduit du brésilien par Hubert Tézenas – Editions Métailié

Pour aller plus loin, aller voir le parc EPCOT, par Disney https://lemondededisney.com/une-description-de-epcot/

et au fin de la forêt amazonienne, cette ville, comme une utopie, Fordlândia, ville de Ford : https://www.institutfrancais.com/fr/portfolio/retour-de-fordlandia-belem-object-de-marcel-dinahet ou https://www.nytimes.com/2017/02/20/world/americas/deep-in-brazils-amazon-exploring-the-ruins-of-fords-fantasyland.html

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