Noël en famille : liste pour le pied du sapin

Premiers jours de décembre, en route pour Noël et la course aux cadeaux… L’occasion de faire un tour dans les publications de l’année pour distribuer les cadeaux au pied du sapin d’une famille raisonnablement dysfonctionnelle. Et si chez vous,  les cadeaux sont réservés aux enfants, la liste peut être ressortie et réutilisée pour toute occasion méritant présent. Offrir des livres, c’est toujours bien.

Portrait de famille (sans les plus jeunes, une liste juste pour eux est à suivre…)

Sœurette sort tout juste du lycée ;  on offre la SuperMutant Academy de Jillian Tamaki. Et si ses années d’ado sont déjà loin, pas grave : se souvenir, c’est tellement bon… Une année de fin de lycée croquée sur le vif, humour décalé et causticité au pays des mutants sorciers, entre Poudlard et Institut Xavier. Frais, dépaysant, et surtout : très juste.

Pour petit frère adepte des jeux vidéo (mais fonctionne également avec un passionné de géopolitique, un analyste en herbe ou confirmée des conflits d’hier et demain, ou simplement,  un amateur de romans fleuves…) : La première pierre de Carsten Jensen. Autant thriller que roman d’espionnage ou grand reportage, pour une guerre réelle et fictionnée, un jeu (très) dangereux.

Grande sœur couve d’un œil attendri l’enfant qui court et grandit trop vite ? On se tourne vers Timothée de Fombelle. Neverland est un texte magique, en terres d’enfances et de mémoire. Malheureusement trop court (mais n’est ce pas toujours le cas avec ces années enfuies ?)

On n’oublie pas les parents… Pour maman – un roman qui n’a rien à voir avec les mamans, mais le titre sonne si bien – : Le dimanche des mères, de Graham Swift. Un court roman, mêlant les bibliothèques silencieuses des grandes maisons, les servantes, discrètes, et leurs vies, secrètes. Petite pépite. Ou bien Le cœur battant de nos mères, de Brit Benett – qui pour le coup a tout à voir avec les mamans. Un roman de mœurs et d’apprentissage, sur et pour les femmes, autour de ces mères, présentes, absentes, oubliées. Un premier roman particulièrement réussi.

Pour papa, surtout si adepte de randonnée, ou solitaire limite un peu sauvage : Le chien, la neige, un pied, de Claudio Morandini. Un roman poignant, brutal, incisif, dérangeant, aux frontières du monde des hommes et de l’humain.

Papi Mamie sont de la partie ? À pieds joints dans le cliché. Papi féru d’histoire trouvera son bonheur avec Hadamar d’Oriane Jeancourt Galignani, fiction historique sur cette ville des enfers, en temps de guerre. Pour Mamie polar, incursion en anticipation avec Mirror, de Karl Orlsberg, critique non voilée de l’hyperconnexion et de la dépendance aux réseaux. Plus classique pour l’intrigue, mais remarquable dans la forme : Le diable en personne de Peter Farris est un excellent choix (à condition de ne pas avoir froid aux yeux).

Parce que tantine cousine un peu vieille fille : glisser sous le sapin Les mille talents d’Euridice Gusmao, de Martha Batalha. Un roman des vies de l’ombre et du silence, débordant d’énergie, frais, drôle, acide et sans concessions. Au cousin étudiant, on offrira Jérôme Leroy et son uchronie mélancolique, une fin de notre monde silencieuse et discrète, entre enquête et conte : Un peu tard dans la saison. Et à sa sœur, la très sérieuse, passionnée par l’histoire des à arts, un roman à tourner et retourner, mais surtout, à lire et savourer : Ali Smith, Comment être double. Une bulle de classicisme, entre Cambridge et sfumato. À lire, absolument. Peut-être mon grand coup de cœur 2017.

Et puis parce qu’à Noël ou ailleurs, on peut avoir simplement envie d’offrir des romans qu’on a aimé, à des gens qu’on aime. Retourner en l’obscure vallée, du colombien Santiago Gamboa ravira les voyageurs aux semelles de vent, de même que Les douze balles dans la peau d’Hanna Tinti. Les théâtreux bohêmes, en quête d’émotions fortes, de drames shakespeariens, sur fond de tragédie antique, plongeront dans Les furies, de Lauren Groff, ou dans le superbe poético lyrique L’obscure clarté de l’air de David Vann. Mika Biermann avec son Roi séduira les pinces sans rire, les adeptes d’humour à froid, et de beaux textes.

Réponse à une demande plus spécifique, pour des romans japonais, avec double proposition. Soleil, de Yokomitsu Riichi, écrit en 1923, traduit en 2016 : un récit mythique et atemporel. L’histoire de la princesse Himiko, revisité après lecture par l’auteur de Salammbô. Nature exubérante, les montagnes, la forêt, des soldats en guerre, une princesse amoureuse transformée en icône vengeresse. Ultra classique, et fabuleusement contemporain. Sur le même principe du conte et du mythe et du temps distordu, une uchronie tokyoïte : Soundtrack, d’Hideo Furukawa, décrite par son auteur comme un « roman qui court », un chant « à la gloire des corbeaux ». Un texte en perpétuel mouvement, insidieusement fantastique, déstructuré, tourbillonnant, syncopé. Deux regards sur le Japon, à leur manière, idéalement complémentaires.

Il y en a d’autres, évidemment, mais on tient déjà là une sélection aussi jolie qu’éclectique. Bonnes courses, et belles lectures !

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4 réflexions sur “Noël en famille : liste pour le pied du sapin

  1. Et même en lisant beaucoup, l’exercice n’est pas forcément facile… je trouve souvent très difficile de toucher juste ! j’ai listé essentiellement en fonction de mes coups de coeur (même si quelques uns n’y sont pas) et avec quelques personnes en tête quand même (pour élargir un peu le choix !). mais ça doit pouvoir donner quelques idées 😉

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