Jade Chang – Les Wang… Eduardo Sacheri – Le bonheur c’était ça

C’est de l’entertainment à l’américaine. Un premier roman réussi, efficace, drôle. Une histoire de famille sur fond de road movie et de scène artistique new-yorkaise. La chute d’un magnat du make-up et les parcours sinueux de ses trois enfants. Un récit au croisement du self-made US et de la tradition chinoise. Mot d’ordre : distraction. Mission accomplie.

Pour les personnages : Charles Wang, après avoir pendant des années transformé l’urée en or, se retrouve en 2008 parmi les premières victimes de la crise des subprimes. Du jour au lendemain : sur la paille. Plus rien, envolée la maison de Bel Air, les voitures, les usines, les comptes en banque… Un coup de fil à sa fille Saina l’artiste pour lui annoncer l’arrivée prochaine de toute la famille dans sa ferme de l’Etat de New-York où elle se remet au calme de l’échec de sa dernière expo et le voilà qui prend la route au volant du break Mercedes 1980 de sa première femme. Barbra la nouvelle épouse à l’avant, Grace et Andrew sur le siège arrière, voilà la famille Wang en route. Ça parle blog de mode, ambitions pour le stand-up, chaleur et maquillage, amours et dépucelage, héritage, terres de Chine. C’est léger. Alors c’est vrai : la fin est bancale, et les love stories de Saina Wang, les clothes stories façon Grace Wang ? on s’en fout un peu. Mais en même temps, ça ne dénote pas dans l’ensemble, on passe un bon moment. Pas sûr que les Wang soient contre le monde entier, ni le monde entier contre les Wang, mais Jade Chang réussit une bonne histoire sino-américaine, un mélange culturel plutôt heureux. Pour une journée oisive, ensoleillée, résolument sans prise de tête, c’est une vraie bonne suggestion de lecture, et un roman pour ado(lescentes) très sympa.

De même que, dans un genre vraiment totalement différent, Le bonheur c’était ça de l’argentin Eduardo Sacheri. Ne pas se fier au NoirBlanc vieille école de la couverture. Le jaune peps des lattes du ponton reflète mieux l’esprit du roman. Une histoire de retrouvailles et d’amour père-fille. Sofia a 14 ans. Sa mère vient de mourir. Elle débarque sans prévenir chez Lucas, son père, qui ne sait rien de son existence. Et forcément, elle bouleverse son univers. Comme il complexifie le sien. Eduardo Sacheri raconte quelques mois dans la vie d’une ado et son père, avec beaucoup de fraîcheur et de naturel, malgré quelques effets comico décalés un rien redondants et pas forcément percutants (VO, ou effet de la traduction ? difficile à dire). A l’arrivée en tous cas, un joli texte, dépaysant et qui offre à sourire. Un parfum de bonheur retrouvé.

Les Wang contre le monde entier – Jade Chang – Editions Belfond – Traduit de l’anglais(Etats-Unis) par Catherine Gibert

Le bonheur c’était ça – Eduardo Sacheri – Editions Heloïse d’Ormesson  -Traduit de l’espagnol (Argentine)  par Vanessa Capieu

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