Harry Parker – Anatomie d’un soldat

C’est une histoire de guerre. Une histoire de soldat. Surtout, l’histoire d’un homme. Harry Parker explique : il a pêché par arrogance, le jour où il a décidé de traverser ce champ, au retour d’une patrouille nocturne[1]. Si proche du camp. Si facile. C’était le 18 juillet 2009. Sa dernière sortie sur un terrain de conflit. Explosion, rapatriement en urgence. Le parcours militaire du capitaine Parker, fils de général, étudiant en arts, s’arrête ici. Et voici Anatomie d’un soldat.

Le capitaine Barnes s’éveille dans un hôpital militaire, privé de ses jambes. Comment se raconter, raconter le plus intime, l’inimaginable, la destruction du corps, les vertiges de l’âme, et éviter l’écueil du pathos ? Harry Parker trouve une solution : juste géniale. Ce n’est pas lui qui raconte. Ce n’est pas non plus Tom Barnes, matricule BA5799. Non. Les maîtres du récit, ce sont des objets, formant comme le cabinet de curiosités privé de l’histoire du capitaine, tous liés d’une manière où d’une autre à son histoire, à son drame. Rien que pour  cette idée, il faut lire Anatomie d’un soldat. Même si le rythme est difficile à tenir, que certains objets sont plus convaincants que les autres, même si l’histoire finit par déborder son cadre. Tant pis. Il y a cette paire de chaussure, ces béquilles, ce sac à main rouge ; une perf, des prothèses, un vélo, un sac d’engrais, un tapis persan, une photo… Quarante-cinq objet pour dire l’indicible, raconter l’irrémédiable. Le monde du capitaine Barnes nous parle, et à travers lui, Harry Parker. Anatomie d’un soldat est un roman de la perte et de la reconstruction, du déchirement et du retour à la vie. Une très belle manière de romancer l’autobiographie. Une vraie réussite.

Traduit de l’anglais par Christine Laferrière – Editions Christian Bourgois.

[1] ‘It was only my arrogance as a soldier to walk across that field, because it was this close to camp, and  I thought, right, I’ll take a risk here rather than minesweeping it.’   http://www.telegraph.co.uk/men/health/harry-parker-losing-my-legs-in-afghanistan-was-like-losing-a-lov/

 

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